Désert de Kalahari

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Le désert de Kalahari étend son territoire de 900 000 km2 entre le Botswana, la Namibie et l’Afrique du Sud. Encadré par les bassins des fleuves Zambèze et Orange, frôlant au sud le désert du Namib, il est lui-même au cœur du bassin du Kalahari. Celui-ci s’étale sur 2,5 millions de km2 et comprend les terres d’Angola, de Zambie, du Zimbabwe et de la République démocratique du Congo. Le désert du Kalahari est aride et semi-aride. C’est un espace de vie sauvage préservé, qui abrite un peuple aux coutumes ancestrales.

La géographie

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Le désert du Kalahari mesure jusqu’à 1 600 km du nord au sud, et 900 km d’est en ouest. Il culmine entre 600 et 1 600 mètres d’altitude et se trouve pratiquement dépourvu de reliefs, si ce ne sont quelques collines basses qui alternent avec des vleis, petits lacs saisonniers. Sur la partie orientale, du sable fin accumulé en couches de 60 mètres par endroit, vibre d’un rouge intense, en raison d’un oxyde de fer, l’hématite, qui le recouvre en fine pellicule.

La partie occidentale présente un relief strié de longues dunes parallèles d’est en ouest. Sculptées par le vent dominant, ces dunes restent relativement stables, grâce aux végétaux qui y ont planté leurs racines. Entre ces dunes ocres, qui peuvent faire 50 km de long et 50 à 100 mètres de large, se tracent naturellement des chemins qui permettent d’y circuler à peu près aisément.

Le climat du désert de Kalahari

Le nom de Kalahari se traduit en langue tswana par « la grande soif » ou « lieu sans eau ». C’est un climat torride, certes. Cependant, d’un point de vue géologique, le Kalahari n’est pas classifié comme désert, en raison de sa pluviométrie supérieure à la valeur communément admise pour un désert.

Deux saisons marquent des périodes très contrastées : une saison pluvieuse, en novembre et décembre, où un peu de verdure s’installe jusqu’en mai ; la saison chaude et sèche, qui débute en juin, où les températures peuvent monter jusqu’à 45°. Le vent souffle alors sans interruption, surtout en juin-juillet, et les nuits sont froides, voire gelées. Les températures montent progressivement en même temps que la sécheresse. En novembre, la chaleur devient torride, avant que tombent, enfin, les premières pluies.

La végétation

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Le désert de Kalahari est composé de savane, mais aussi de zones arborées, grâce notamment aux omurambas. Les omurambas, tels Eiseb ou Epukiro par exemple, sont de très anciens lits de rivières qui se remplissent à la saison des pluies, permettant une réserve d’eau pour la saison sèche. Le sol sablonneux du désert de Kalahari permet une bonne circulation de l’eau, et donc, malgré les températures élevées, ce territoire recèle plus de 400 espèces végétales, dont la pastèque sauvage et le melon tsamma, ainsi que divers cactus et succulentes. Lors de la saison des pluies, le désert se couvre d’herbes et de fleurs, en particulier dans les creux des dunes, qui forme des vallées vertes.

Au nord et à l’est du territoire, de majestueux acacias erioloba et mellifera côtoient des baikiaeas un genre de teck rhodésien, et des baobabs. Le tout forme des forêts sèches et des brousses épineuses sur 300 000 km2. Dans la zone la plus aride, au sud-ouest, s’étend 600 000 km2 de savane très sèche, dite xérique. L’esparto, par exemple, est une graminée à longue tige très répandue dans la savane. Argentée et mouvante, elle donne un aspect velouté et lumineux au paysage tout en abritant une diversité d’animaux, prédateurs et proies qui s’y camouflent.

La faune

Plus de 150 espèces d’oiseaux ont été répertoriées, dont des flamants nains et roses. Plusieurs antilopes, comme les oryx gazelles, les antilopes springboks ou les grands koudous y vivent en symbiose. Des zèbres, des autruches, de nombreuses espèces de reptiles sont visibles, ainsi que d’autres mammifères tels que des suricates, des chacals à chabraque et des renards du Cap ou des animaux nocturnes, comme les otocyons et oryctéropes. On peut parfois y apercevoir des girafes, des gnous, et même quelques guépards et léopards ou, à l’occasion, un éléphant. Les hyènes brunes, bel animal à poils longs, sont une espèce endémique du désert. Mais le roi du Kalahari est incontestablement le lion, qui est, ici, plus grand, plus puissant, plus majestueux que nulle part ailleurs.

La population

Quelque 50 000 Bochimans, qui résistent à la sédentarisation forcée qui les a dépossédés de leur terre et de leur culture, vivent encore dans le désert de Kalahari. Cette population nomade de chasseurs-cueilleurs préfère aujourd’hui le nom de San à celui de Bochiman, qui a une connotation coloniale. Ils se nomment aussi eux-mêmes comme « ceux qui suivent l’éclair » , en raison de leurs déplacements en fonction des pluies. C’est sans conteste le peuple originel de toute l’Afrique australe depuis 44 000 ans, qui fut peu à peu impitoyablement chassé et décimé par les colons jusque dans les terres hostiles du désert de Kalahari. Ils s’expriment en langue khoisan, cet étonnant langage à clics. Les Sans possèdent une connaissance infinie du désert, mais aussi une grande sagesse qu’ils se transmettent depuis plusieurs générations.


Les déserts en Namibie :
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